
Mgr Warin présidera, en la Basilique Saint-Martin d’Arlon, la célébration eucharistique solennelle à 18h00, au cours de laquelle seront bénites les huiles des catéchumènes et des malades et sera consacré le Saint-Chrême.
À celui qui nous aime, Jésus Christ, qui a fait de nous le royaume et les prêtres de Dieu son Père : à lui, gloire et puissance pour les siècles des siècles. Amen.
Pendant la grande semaine qu’est la semaine sainte, nous évoquons jour après jour, presqu’heure après heure, la Pâque du Seigneur, c’est-à-dire son passage vers le Père. Plus qu’un souvenir, c’est un chemin à parcourir de la mort à la Vie avec le Christ.
Parmi les célébrations pascales : la messe chrismale, au cours de laquelle est consacré le saint chrême et sont bénies l’huile des malades et celle des catéchumènes. Ces huiles permettent aux ministres ordonnés de prolonger sacramentellement dans l’aujourd’hui les gestes de salut de Celui qui a été "consacré par l’onction pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres" (cf. évangile de la Messe).
Renseignement pris, il est indiqué que je célèbre cette messe. Sans doute cette invitation parvient-elle tard, trop tard peut-être. Puis-je néanmoins proposer à mes frères prêtres qui le peuvent de venir nombreux et de signifier ainsi que nous formons un presbyterium diversifié mais uni ? De tout cœur j’y convie aussi les diacres, les consacrés et les consacrées, les assistant(e)s paroissiaux(ales), les laïcs munis d’une lettre de mission et qui œuvrent en milieu hospitalier ou carcéral, les visiteurs de malades, les catéchistes et les catéchumènes, les séminaristes et les ordinands prêtres, chacun et chacune de qui "Celui qui nous aime a fait les prêtres de Dieu son Père" (cf. 2e lecture de la Messe).
Le jour des ordinations sacerdotales, en la solennité (anticipée) des saints apôtres Pierre et Paul et en présence de la relique du cœur du saint Curé d’Ars, nous accueillerons avec reconnaissance les prêtres que Dieu nous donne et dont il fait ses apôtres. Nous y fêterons aussi les prêtres et les diacres jubilaires.
Prêtres et diacres qui en 2010 fêtez un bel anniversaire, s’il vous plaît, rejoignez-nous ! Et si, ami, à cause de ton grand âge, tu ne peux plus guère te déplacer, sache que, entré dans une nouvelle manière d’être prêtre (diacre), tu es, en raison de ta faiblesse même, le plus fort auprès du cœur de Dieu pour attirer les grâces du salut sur les hommes et les femmes ainsi que sur tes frères de la famille sacerdotale (diaconale) dans leurs pérégrinations apostoliques.
Le dimanche 27 juin, avec les nouveaux prêtres et le peuple de Dieu tout entier, je ferai monter vers le Seigneur une vibrante prière d’action de grâce pour les prêtres et les diacres de qui la vie est désormais une parabole de fidélité.
† Pierre WARIN
La messe chrismale que l’évêque concélèbre avec des prêtres des diverses régions de son diocèse, et au cours de laquelle il consacre le saint-chrême et bénit les autres huiles, est l’une des principales manifestations de la plénitude du sacerdoce de l’évêque et le signe de l’union étroite des prêtres avec lui.
La messe chrismale est comme une épiphanie de l’Église, Corps du Christ. Par la grâce de l’Esprit, elle exprime, à travers la variété des ministères et des charismes, les dons que le Christ prodigue à son Épouse, pèlerine dans le monde.
La rénovation des promesses sacerdotales rend encore plus évident le climat d’une véritable fête du sacerdoce ministériel à l’intérieur de tout un peuple sacerdotal, et oriente l’attention vers le Christ, dont le nom signifie précisément : « Consacré par l’onction ».
L’huile, comme l’air, l’eau, la lumière, appartient à ces réalités élémentaires du cosmos qui expriment le mieux les dons du Dieu créateur, rédempteur et sanctificateur. Elle est une substance thérapeutique, aromatique et conviviale : elle guérit les blessures, parfume les membres et réjouit la table. Cette nature de l’huile est assumée dans le symbolisme biblico-liturgique et convient particulièrement pour exprimer l’onction de l’Esprit qui guérit, réconforte, consacre et imprègne de dons et de charismes tout le Corps de l’Église.
La liturgie de bénédiction des huiles explicite ce symbolisme primordial et en précise le sens sacramentel. La messe chrismale a lieu à proximité de la célébration annuelle du Christ mort, enseveli et ressuscité. Du mystère pascal, cœur et centre de l’histoire du salut, jaillissent les sacrements et les sacramentaux qui signifient et réalisent l’unité organique de toute la vie chrétienne.
La bénédiction du chrême donne son nom à la liturgie de ce soir. Le rite de la bénédiction des huiles, inséré dans la célébration eucharistique après l’homélie et la rénovation des promesses sacerdotales, souligne aussi le mystère de l’Église comme sacrement global du Christ, qui sanctifie chaque réalité et situation de vie. Voilà pourquoi, avec le chrême, l’évêque bénit aussi l’huile des catéchumènes qui luttent pour vaincre l’esprit du mal en vue de leur baptême et l’huile des malades pour l’onction sacramentelle de ceux qui partagent la souffrance du Christ dans la maladie. Ainsi la bonne odeur du Christ se diffuse dans tous les membres de l’Église et se répand dans le monde.