L’histoire et l’architecture de la Cathédrale

Le diocèse de Namur fut créé le 12 mai 1559 par un acte du pape Paul IV. Le premier évêque en fut le dominicain Antoine Havet, sacré en 1562 et qui choisit de faire de la collégiale Saint-Aubain fondée en 1047 sa cathédrale.

Mais au début du XVIIIe siècle, elle ne semblait plus du tout au goût du jour. Vieillie, plusieurs fois modifiée, elle était trop petite et faisait piètre figure face au nouveau palais épiscopal érigé par Monseigneur de Strickland en 1728. Les inondations catastrophiques de 1740 obligèrent à l’étançonner de partout. L’évêque de Berlo de Franc-Douaire et le chapitre prirent la décision d’en bâtir une nouvelle et s’adressèrent pour les plans à Gaetano Pisoni (1713-1782), architecte italien appelé à Bruxelles pour reconstruire le palais de Charles de Lorraine.

Il fut décidé d’unir l’ancienne collégiale Saint-Aubain, dont ne subsisterait que la vieille tour surélevée en 1648 et l’église paroissiale Saint-Jean l’évangéliste en une seule construction dominée par une imposante coupole. Les travaux, confiés à Jean-Baptiste Chermanne, furent menés bon train dès la pose de la première pierre le 24 juin 1751. Il y eut quelques problèmes pour la réalisation de la coupole, mais en 1767, l’ensemble était terminé. La consécration n’eut pourtant lieu que le 20 septembre 1772.

et le style...

Unique œuvre de ce style en Belgique, la cathédrale de Namur est typique du milieu du XVIIIe siècle, mêlant le souvenir du Baroque et du Rococo au Classicisme qui bientôt foisonnera avec les œuvres de Laurent-Benoît Dewez. Pisoni, son architecte, bâtira encore une autre cathédrale, assez semblable à celle de Namur, à Soleure (Solothurn) en Suisse, en 1763, mais avec des moyens financiers bien plus importants. Le type de piété qu’elle induit et le pouvoir de ceux qui en ont passé commande reflètent l’état d’esprit du milieu du siècle des lumières. Dix-sept ans après sa consécration éclatait la Révolution française...

La façade paraît un peu austère. C’est que la première, réalisée en pierres de Seilles, s’était tellement effritée au XIXe siècle qu’il fallut complètement la reconstruire peu avant 1900.